Savoirs-faire agricoles des Babor : une agriculture de montagne à préserver
Dans les montagnes des Babor, les communautés rurales ont développé depuis des siècles une agriculture de montagne adaptée à leur environnement entre forêts épaisses, sources abondantes et pentes escarpées. Ce savoir-faire paysan, transmis oralement et façonné par la nature, représente aujourd’hui une richesse souvent méconnue, mais porteuse d’avenir.
Ici, la terre est travaillée à la main ou avec l’aide de l’âne, compagnon indispensable sur les sentiers étroits et les terrains accidentés. Les parcelles sont petites, souvent en terrasses, soutenues par des murets de pierres sèches. Ce morcellement du terrain n’est pas un frein, bien au contraire : il permet une diversité des cultures et un meilleur usage de l’eau.
Les paysans des Babor ont longtemps pratiqué une agriculture polyvalente et résiliente : céréales rustiques (orge, blé dur), légumineuses (pois chiches, lentilles), légumes de saison, figuiers, vignes, et surtout oliviers, qui résistent bien à la sécheresse et aux sols rocailleux. Cette agriculture de subsistance reposait sur des techniques économes, locales et écologiques bien avant l’heure.
L’irrigation est un autre domaine de savoir. Les agriculteurs ont su canaliser les eaux de source ou de pluie à travers des petits réseaux gravitaires (sègias), parfois partagés entre familles selon un calendrier précis. Cette gestion communautaire de l’eau a permis une répartition équitable et durable de la ressource, même pendant les étés secs.
La fertilisation se faisait à partir de fumier, de compost végétal ou de cendres, sans recours à des produits chimiques. Le sol était ainsi maintenu vivant, ce qui favorisait la régénération naturelle des parcelles.
Les anciens savaient observer le ciel, les vents, le comportement des plantes et des animaux. Le calendrier agricole suivait les saisons, les cycles lunaires et les fêtes traditionnelles. Certaines pratiques étaient liées à des croyances locales ou à des coutumes religieuses, renforçant le lien entre nature et spiritualité.
Aujourd’hui, une grande partie de ces savoir-faire est menacée de disparition. Pourtant, face aux défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire, l’agriculture de montagne des Babor offre un modèle inspirant de durabilité et de sobriété. Redonner de la valeur à ces pratiques, former les jeunes, créer des circuits courts et encourager l’agroécologie locale sont autant de pistes pour réconcilier tradition et modernité.