Le singe magot : l’hôte sauvage des forêts des Babor
Dans les forêts denses et humides de la chaîne des Babor, un habitant discret, curieux et emblématique veille sur les hauteurs : le singe magot, ou macaque de Barbarie (Macaca sylvanus). C’est l’un des seuls singes vivant à l’état sauvage sur le continent européen (notamment à Gibraltar), mais il est avant tout originaire des massifs montagneux d’Afrique du Nord, où il trouve refuge dans des forêts anciennes comme celles de cèdres, de chênes ou de pins.
Dans la région des Babor — notamment autour du parc national de Babor Thabarborth, du Djebel Taza et du lac Erraguene — les macaques vivent en groupes familiaux et occupent des territoires bien définis. Ce primat terrestre et arboricole s’adapte aux terrains accidentés, aux fortes pentes et aux variations de température caractéristiques de ces montagnes. En hiver, il supporte les froids rigoureux et la neige, en se rassemblant pour se tenir chaud et en se nourrissant de racines, de lichens ou de glands enfouis sous la neige.
Reconnaissable à sa taille moyenne, sa fourrure dense couleur fauve, et son absence de queue, le singe magot mesure entre 50 et 70 cm pour un poids de 10 à 15 kg. Il est omnivore, et son régime varie selon les saisons : fruits, feuilles, écorces, insectes, œufs d’oiseaux. Il joue un rôle écologique important en participant à la dissémination des graines et à l’équilibre de l’écosystème forestier.
Cependant, cet animal emblématique est aujourd’hui en danger. Victime de la déforestation, de la fragmentation de son habitat, du braconnage et parfois du commerce illégal, sa population a fortement décliné au cours des dernières décennies. Pourtant, il fait partie de l’identité écologique et culturelle des Babor, et sa préservation est liée à celle de tout un environnement. Son observation, dans le respect de son habitat naturel, est aussi un atout pour l’écotourisme, à condition qu’il ne soit ni nourri, ni approché de trop près.
Le singe magot est plus qu’un simple animal sauvage : il est un témoin vivant des forêts anciennes de l’Algérie, et un indicateur précieux de leur santé. Le protéger, c’est protéger un patrimoine naturel commun, fragile mais encore vivant.