La faune du Tassili : entre désert et mystère

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Dans l’immensité rocheuse et silencieuse du Tassili n’Ajjer, on pourrait croire la vie absente. Pourtant, ce territoire apparemment aride abrite une biodiversité exceptionnelle, à la fois discrète, rare et parfaitement adaptée aux conditions extrêmes du Sahara.

Au détour d’un canyon, à l’ombre d’un acacia ou sur les plateaux de grès, les plus attentifs peuvent observer quelques-unes des espèces emblématiques du désert algérien.

Parmi elles, le mouflon à manchettes (ou Ammotragus lervia), impressionnant par ses cornes recourbées et sa capacité à grimper les falaises les plus abruptes, est un véritable symbole de résilience.

Les gazelles de Dorcas, plus légères et furtives, vivent en petits groupes dans les zones semi-arides, tandis que le renard fennec, au pelage pâle et aux grandes oreilles, s’active la nuit pour échapper à la chaleur du jour. 

Mais l’un des hôtes les plus attachants du Tassili reste sans doute le Moula-Moula, surnom donné localement au traquet à tête blanche. Ce petit oiseau noir et blanc, reconnaissable à sa silhouette vive et contrastée, est un habitué des parois rocheuses et des reliefs ouverts.

Son comportement curieux et sa présence dans les lieux habités ou sur les sites de bivouac en font un compagnon familier des voyageurs et des habitants Touaregs.

Au-delà de son élégance, le moula-moula joue un rôle écologique discret mais important : en régulant les insectes et en marquant les saisons de sa présence, il participe à l’équilibre des micro-écosystèmes sahariens.

Beaucoup de ces espèces sont menacées : la pression climatique, le braconnage, et la raréfaction des points d’eau fragilisent leur habitat. C’est pourquoi le Parc Culturel du Tassili, qui couvre une grande partie de ce territoire, œuvre pour la préservation de ces espèces emblématiques, en lien avec les communautés locales.

Ici, la faune n’est pas seulement une ressource naturelle : elle est présente dans les contes, les proverbes, les chants, et même les gravures rupestres. Elle fait partie intégrante de l’identité du Tassili et du lien profond entre l’homme et son environnement.