Le Parc National de Babor – Tababorth : un trésor écologique entre mer et montagne
Accroché aux hauteurs verdoyantes de la région des Babor, à la lisière des wilayas de Sétif, Béjaïa et Jijel, le Parc National de Babor – Tababorth est l’un des derniers sanctuaires naturels du nord-est algérien. Moins connu que certains grands parcs nationaux, il n’en est pas moins exceptionnel par sa biodiversité unique, son relief impressionnant et sa forte valeur culturelle et écologique.
Le parc tire son nom du djebel Babor, sommet emblématique qui culmine à 2004 mètres d’altitude, recouvert en grande partie d’une forêt dense de cèdres de l’Atlas, de sapins de Numidie, de pins noirs et de hêtres. Ces espèces forestières rares, certaines endémiques, trouvent ici un climat montagnard frais et humide, où la neige tombe régulièrement en hiver, façonnant un paysage presque alpin. Les forêts du parc jouent un rôle crucial dans la régulation de l’eau, la lutte contre l’érosion, et le maintien de sols fertiles.
Mais ce qui rend Tababorth véritablement remarquable, c’est la présence d’espèces animales d’une grande rareté, notamment le célèbre macaque berbère (Magot), en danger d’extinction, ainsi que des loups africains, des chats sauvages, et plus de 150 espèces d’oiseaux. Le parc abrite également des plantes médicinales et aromatiques utilisées traditionnellement par les populations locales.
Tababorth n’est pas seulement un refuge naturel. C’est aussi un territoire habité, traversé, raconté depuis des siècles. Les villages kabyles qui entourent le parc perpétuent des pratiques agricoles et pastorales durables, en lien étroit avec leur environnement. On y cultive des figuiers, de l’olivier, du blé sur les terrasses, et l’on y élève chèvres et moutons selon les saisons. Ce lien entre nature et culture est au cœur de l’identité du parc.
Longtemps isolé, ce territoire commence aujourd’hui à s’ouvrir au tourisme durable : randonnées, écotourisme, sensibilisation à la biodiversité. Mais il reste fragile. Les feux de forêt, le surpâturage ou l’exploitation incontrôlée des ressources sont autant de menaces qui rappellent l’urgence de préserver cet espace unique, au bénéfice des générations futures.